Trop verte la carte de “La Route Verte”

L'organisme gouvernemental "Vélo Québec" a lancé dernièrement son nouveau site Web de cartographie dynamique "La Route Verte".  Loin de vouloir faire du négativisme et encore moins, prétendre que je suis mieux qu'un autre en ce domaine, mais pour ce billet je désire simplement émettre mon opinion "cartographique" de l'application Web de "La Route verte" sans même m'attarder au design du site Web.  Ceux qui me connaissent savent je suis maniaque de cartes et de vélo alors c'est un peu normal!

1 ) Les fonctionnalités d'itinéraires fait avec pgRouting dans la base de données Postgresql/PostGIS fonctionne à merveille.  Il est bon de souligner qu'il s'agit (à ma connaissance) d'un des premiers site Web "Grand public" à utiliser cette technologie avec la base de données Adresse Québec.  Le calcul de route est rapide et on a même une très bonne description d'itinéraire ("turn-by-turn"); un incontournable pour ce type de fonctionnalité.  De plus, on y retrouver quantité d'information utile est abondante.

2 ) L'idée de présenter une application selon les régions administratives est comment dire, très "fonctionnaire"! Le "Grand public", puisque c'est bien pour eux que le site est dédié, en a peu à faire... Présenter les régions de cette façon donne aussi la fausse impression que certaines régions sont très importantes.  Par exemple, la région "Saguenay" m'apparaît trop apparente et semble démontrer que c'est une grosse région densément habitée alors que ce n'est pas réellement le cas.  Le "Manicouagan" est une magnifique région à visiter certes, mais en vélo, à moins d'être fanatique du cardio (ou un expert) ça l'est beaucoup moins.  Il faudrait peut-être recentrer l'application sur "La Route Verte" et ne pas tenir compte des "Régions Administratives".

3 ) Y a beaucoup de vert dans la carte.  Si on passe tous les niveaux de zoom on pourra compter cinq couleurs de vert pour cartographier 3 types d'entités complètement différentes: des routes, des parcs, des régions administratives.  Si on désire mettre en évidence "La Route Verte", il faudrait à mon avis, ne garder que "La Route Verte" verte pour ne pas brouiller le message.  Tout le reste devrait être moins apparent pour l'oeil.

Pour qu'un utilisateur puisse bien gérer les informations cartographiées dans une application, on devrait se limiter à moins de cinq couleurs.  Vrai que c'est souvent difficile, mais on devrait toujours avoir cette cible.  D'ailleurs, Marie-Josée Proulx rappelle bien dans "Le Data-ink ratio appliqué à la cartographie" cette limite dans le contexte de choroplèthes, mais le même concept s'applique aussi pour ce genre de carte.

Le Web n'est pas comme une carte imprimée.  L'image qui suit est un bel exemple de la surutilisation du vert dans cette carte Web.  "La Route Verte" se perd dans un spaghetti de lignes grises, pleines et pointillés.  De plus je ne comprends pas l'utilité des limites territoriales  pointillées dans ce genre de carte, sinon de se confondrent avec les routes.

4 ) Toujours au sujet de  l'image précédente, on ne devrait peut-être éviter de présenter autant d'écussons de carte routière dans une carte de piste cyclable.  À cette échelle, nous avons 25 écussons de routes pour les voitures et seulement 3 pour "La Route Verte".  De plus, ça me semble trop d'informations à gérer pour l'oeil et on perd le l'objectif du sujet. On aurait peut-être dû utiliser les écussons que pour les numéros de "La Route Verte" et réduire tous les autres à de simples rectangles numérotés bleu et vert.   Enfin je suis surpris de voir de gros bateaux noirs à cette échelle!  Encore un fois ça surcharge la carte pour rien et à ce niveau nous n'avons pas besoin de les voir.

5 ) "too-much-information"!  Ça vaut aussi pour les cartes.  Trop de routes, trop d'icônes un par dessus l'autres, et encore une fois 5 couleurs vertes à gérer pour l'oeil.   Trop d'informations et ça devient difficile à assimiler!  Toutes les routes autres que "cyclables" devraient devenir secondaires et s'effacer pour laisser parler "La Route Verte".

6 ) OÙ SONT LES CÔTES?  Si vous faites du vélo comme moi tout l'été vous savez très bien que c'est la première chose qu'on veut savoir! Ne pas mettre cette information capitale dans la carte pour vélo montre qu'on a oublié le public cible.  D'accord nous avons quelques icônes mais ils ne montrent pas toutes montées.  Ajouter les courbes de niveau, un fond 3D ou un graphique vertical d'élévation (dans l'itinéraire) auraient grandement aidé.

7 ) J'adore le fait qu'on trouver beaucoup d'informations utiles sur la carte.  C'est toujours très pratique pour un cycliste de savoir où il pourra se ravitailler en eau et se reposer.   Épiceries, dépanneurs, abreuvoirs et aires de repos, autant d'informations utiles à retrouver sur une carte de vélo.

8 ) Je comprends qu'on veut garder le focus sur "La Route Verte"  mais pourquoi ne pas ajouter les autres circuits de vélo?  C'est une bonne intention de publiciser "La Route Verte" à l'aide d'une application cartographique Web, mais sans les autres circuits, ça devient une application moins intéressante pour planifier un week-end vélo.  Dans les Cantons de l'Est on trouvera de magnifique parcours de vélo comme "La route des vins" par exemple.  Je trouverais interessant des les voir.

9 ) Autre question de cycliste: Y a t'il un accotement (2 à 3 pieds minimum) pour cycliste et quel est le débit de circulation sur cette route?  L'information n'a pas besoin d'être parfaite, mais elle donne une bonne indication du type de randonnée à prévoir.

10 ) La gestion des couches est à mon avis superflu et est contre indiquée pour cette carte.  Ce type de fonctionnalité  typiquement "géomatiques" me semble inutile et ne semble pas être en mesure de bien servir la clientèle intéressée.  Toutes ces informations de couches doivent se fondre à la carte en un tout cohérent.  Et puis qu'est-ce que c'est au juste un "Village-relais" et est-il d'intérêt pour le cycliste?

11 )  Une très bonne pratique,  c'est maintenant une orientation gouvernementale, serait de mettre un lien sur les sources de données ouvertes pour les mettre en valeur et permettre à d'autres de les utiliser.